> mercredi 8 août 2007

Les hauts-le-coeur du hurlevent

Décidemment, mes tentatives pour m'intéresser aux vieux films n'est pas ce qu'on pourrait appeler une réussite. On s'imagine trouver un classique digne de ce nom, une histoire d'amour digne de ce nom, et on finit par perdre 1h45 à se faire chier et à regarder combien de temps il reste. Car enfin, si on a déjà visionné la moitié, ça serait vraiment dommage de ne pas pouvoir se targuer au moins d'avoir vu ce navet en entier. Je sais, je fais tout le contraire de ce que je conseille, mais la vie est ainsi faite. De plus, c'est bien de circonstance.

Kathy est une indécise de première catégorie dans son genre : elle aime et elle méprise, tantôt elle est simple et rêveuse, tantôt elle est une orgueilleuse pouffiasse qui ne pense qu'à se parer de bijoux et de soie, bref, elle ne sait pas ce qu'elle veut ni ce qu'elle est. Fausse et vile, elle nous trimballe au gré de ces humeurs pendant ces presque deux heures qui ne nous émeuvent pas. Si Heathcliff (Laurence Olivier) se donne beaucoup de mal, il n'en reste pas moins plongé dans le cliché et les phrases toutes faites. Bien entendu, les clichés doivent se faire quelque part, mais Singing in the rain est plein de cliché, et il fait rêver, contrairement à cette soupe épaisse de sentiments préfabriqués.

Je n'ai pas lu le roman, que je suis certaine d'être de meilleure qualité que le film, mais j'ai bien peur que son unique oeuvre ne soit moindre en comparaison avec celles de sa soeur Charlotte.

Comme quoi, il ne suffit pas de se fier aux acteurs qui jouent dans un film et à sa renommée pour en juger la qualité. Un film soporifique à éviter si vous n'êtes pas de ces bons publique dont le jugement est biaisé par la voix de la majorité.

> lundi 6 août 2007

Une biographie moins ennuyeuse qu'on ne le croirait

Réputé comme étant le meilleur ingénieur de son temps, Sébastien le Prestre de Vauban, petit noble désargenté du Morvan, gravira les échelons militaires grâce au génie de son compas. Poliorcète plus que soldat, il se fait remarquer par Mazarin, puis par Colbert et Louis XIV qui le gratifiera de sa totale confiance. D??ingénieur ordinaire du roi, il deviendra commissaire général des fortifications, et finira Maréchal de France, pour le pire et pour le meilleur. Amèrement écarté des champs de bataille, l??ingénieur s??éfface derrière le philosophe et l??économiste qui sont en lui. Toujours préoccupé par les dépenses (qu??il juge abusives et inutiles) du royaume, ses soucis pour l??économie ne sont pas nouveaux. Bien que fervent royaliste, il s??oppose régulièrement aux décisions du roi, et propose des alternatives soucieuses d??allier l??intérêt de l??Etat à celui de ses sujets. S??il marque un vif désaccord quant à la révocation de l??Edit de Nantes, ou s??il propose un système d??imposition plus égalitaire, c??est toujours dans l??optique d??améliorer les dépenses. Bâtisseur de forteresses au pouvoir dissuasif impressionnant, Vauban laisse un héritage en poliorcétique et en architecture militaire que Napoléon exploitera encore un siècle plus tard.

Luc Mary dresse un portrait simple mais complet de ce stratège humaniste. Révélatrice de la loyauté de Vauban à Louis XVI, cette biographie est aussi, en quelque sorte, l??histoire des guerres menées par le roi Soleil, ainsi que de l??évolution des techniques de fortification et d??assaut apportées par Vauban. Portrait d??un homme et de son siècle, l??ouvrage de Luc Mary est un livre d??histoire qui mêle ingénieusement structure thématique et chronologie, offrant ainsi une lecture à la fois instructive et plaisante.

Vauban, le maître des forteresses de Luc Mary

Edition l??Archipel

Prix : 18.95 ?

Paul Emile Victor, voyage(s) d??un humaniste

Entre carnet de voyage et livre d??art, cet album de dessins choisis du célèbre ethnologue Paul Emile Victor est un hommage postum de sa fille Daphné à l??artiste involontaire qu??était son père. S??il était un scientifique en mission sur le terrain, il était aussi et avant tout un homme sensible à la rencontre d??autres hommes, dont les modes de vie et la simplicité l??ont touché, et au sein desquels il se sentait chez lui. Déçu par les occidentaux et leur attitude destructrice, il cherche constamment à s??isoler. Du Groenland, à la Martinique, en passant par le Maroc, Terre Adélie et Bora Bora, où il finira ses jours avec sa seconde femme, ce voyageur passionné dessine les paysages et personnes qui l??entourent. Son trait simple, presque enfantin parfois, mais expressif, capte en quelques lignes, dans une démarche ethnologique, les caractéristiques de chaque peuple. Puis vient le choix de ce qu??il veut ou non dessiner, et de comment mettre ou non en couleur ses sujets, et c??est là que le scientifique fait place à l??artiste, qui invente, en toute désinvolture, ses propres courants artistiques, et ses doudlinges (griffonnages). La vivacité du trait rappelle tantôt les personnages caricaturés et déformés de Toulouse Lautrec, tantôt les tableaux abstraits de Juan Miro. Pour ce qui est des paysages, qui prennent des couleurs avec le temps, quand il s??agit de banquises, une figuration très neutre est de mise, ne manquant pas de rappeler la sobriété des estampes japonaises, contrairement aux paysages tropicaux, qui varient de la figuration suggestive et colorée à l??abstraction, à travers une cacophonie de formes et de couleurs.

Ce recueil de dessin est aussi un portrait de vie : l??histoire d??un homme solitaire pour qui le retranchement est salvateur et le besoins d??être utile est vital. On observe que plus on approche de la fin, plus il vieilli, et donc, moins il voyage pour son travail, et plus les dessins deviennent abstraits, et se complexifient. Les portraits et paysages de sa jeunesse font place à des ?uvres psychédéliques et philosophiques, fruits d??une réflexion souvent cynique sur la vision occidentale du monde, ou de fantasmagories colorées.

Les extraits de carnets de voyages ou d??ouvrages de Paul Emile Victor, ainsi que les textes de Daphné viennent compléter les images, et nous les rendre plus concrètes. Ce livre émeut tout d??abord par la vision poétique du quotidien d??un nomade à la fois désabusé et rêveur, puis touche par le caractère confessionnel de cet ouvrage. Daphné Victor livre ici la vie de son père, sa vision des choses et ses sentiments les plus intimes au cours de ses nombreux périples ; partage d??une expérience scientifique et d??une sensibilité profondément humaine, où le lecteur se sent happé par une jolie série d??anecdotes familiales. Un régal.



Paul Emile Victor, voyage(s) d??un humaniste De Daphné et Paul Emile Victor

Editions Ouest-France

Collection Peinture

Prix : 30 ?

Darfour, ouvrage à ne pas manquer

Si cet ouvrage peut paraître déprimant, à première vue, par son lien avec le conflit dramatique qui touche actuellement cette région du Soudan, il émerveille rapidement par son humanité, et se révèle être un véritable hymne à la vie. Hymne à un peuple opprimé et malgré tout combatif, qui attaque après attaque, famine après famine et deuil après deuil, s??accroche à un espoir sans cesse frappé mais toujours régénéré.

Ce témoignage épistolaire, vision d??une civile européenne plongée au c?ur d??un territoire meurtri et sous développé, est aussi un recueil de sentiments poignants de simplicité, révélateur de la sensation intense de vie qui naît paradoxalement dans un contexte où la pauvreté et la mort font leitmotiv. Portrait d??un conflit, vu des camps de réfugiés, d??une humanitaire pour Action contre le Faim qui découvre le « métier », mais aussi et surtout du quotidien du Darfour, entre détresse et bonheur simple, dans un régime islamique autoritaire où les libertés individuelles sont encore un rêve lointain. Stéphanie Rivoal nous livre ici un tableau attendrissant du Darfour qu??elle interprète. Au fil des pages, les jolis textes empreints de sincérité s??illuminent de photos à la fois poétiques et vraies, dénuées du pathos larmoyant et moralisateur qui vient généralement dégrader ce genre de « reportages » photographiques. C??est ici le regard pure d??une femme européenne jetée dans une guerre civile africaine compliquée et désolante, et qui est frappée par la marrée de sourire francs qu??elle rencontre, qui se dessinent sur le visages d??enfants comme d??adultes, pourtant agressés par les cruelles réalités de la vie. Si le drame de la situation ne peut qu??être illustré dans cet ouvrage, il n??en manque pas moins d??un humour touchant, dû à la confrontation du plus horrible et du plus beau, du plus grave et du plus léger, et naturellement, au choc de cultures, d??un observateur européen au Darfour.

Un livre émouvant et étonnant, qui fait prendre conscience d??une situation politique déjà bien couverte par les médias, sous un regard plus humain. On note un clin d???il efficace grâce à la correspondance avec les amies parisiennes de l??auteur, qui donne du recul au discours et fait écho avec le lecteur/spectateur qui se retrouve dans cette vision « moderne », et peut d??autant plus se rendre compte du poids de la situation darfourienne, sans pour autant se sentir accusé d??indifférence. Pour son premier ouvrage, Stéphanie Rivoal, anciennement banquière d??affaires à Londres, reconvertie à la photographie, s??impose avec brio, en éditant le premier et seul livres sur la question du Darfour à ce jour, et en rapportant un témoignage sensible et unique sur des régions qui sont aujourd??hui parfois inaccessibles. A lire absolument !

Darfour De Stéphanie Rivoal

Editions le cherche midi

Prix : 30 ?

Sur chaque exemplaire vendu, 1 ? est reversé à Action contre la Faim.

		

Coeurs perdus, bonjour les dégâts...

Sorti le 06 Juin 2007



Réalisé par Todd Robinson

Film américain avec John Travolta, James Gandolfini, Salma Hayek et Jared Leto

D'après une histoire vraie

Ce drame policier des années quarante est un bon premier film, mais un remake ennuyeux. L'histoire du célèbre couple de tueurs Ray Fernandez et Martha Beck a déjà inspiré Les tueurs de la lune de miel à Léonard Kastle en 1970, et le brillant Carmin profond à Arthuro Rip-stein en 1997. Todd Robinson retrace ici l'histoire vraie de son grand-père (interprété par John Travolta) qui enquêtait à l'époque sur l'affaire.

Ray est un charmeur qui passe par le courrier du coeur pour trouver de jeunes femmes à dépouiller. Le jour où il tombe sur Martha, qui par sa beauté et sa capacité de manipulatrice devient sa complice, ses arnaques tournent vite aux meurtres en série. L'inspecteur Elmer C. Robinson se cloître, depuis le suicide inattendu de sa femme, derrière du travail de bureau, jusqu'à ce qu'une affaire attire son attention et devienne son obsession : une femme est retrouvée morte dans des circonstances qui ne manquent pas de lui rappeler sa femme. Alors que tout indique un suicide, notre inspecteur désabusé va se lancer à la poursuite des amants sanguinaires, et de réponses à ses propres tourments.

Si les décors et les costumes sont très soignés et que le cadrage est correct, bien que très académique, le scénario, les dialogues et les personnages manquent d'originalité et de corps. Tous les clichés des films noirs se succèdent : de la femme fatale machiavélique et l'amant dominé au flic déprimé, en passant par les phrases toutes faites et la loyauté du coéquipier, on a l'impression d'assister à une imitation ratée du Dahlia Noir. Salma Hayek et Jared Leto sont sincères dans leur jeu, mais sont handicapés par des personnages caricaturaux et des dialogues sans résonnance. John Travolta est d'une molesse déconcertante et James Gandolfini s'enferme dans son personnage des Sopranos. Au final, aucun des personnages principaux ne nous touche et la conclusion de l'histoire nous est indifférente. Seuls les touches d'humour noir, le méticuleux travail sur l'esthétique des images et des décors, et le chapelet de célébrités hollywoodiennes parviennent à donner de l'intérêt et surtout de la crédibilité à ce coup d'essai de Todd Robinson. On soulignera une mise en question de la peine de mort qui aurait été intéressante si elle avait réellement été exploitée.

Ce film a une histoire qui tient la route, des bons acteurs pour les incarner et un réalisateur soigneux mais qui manque d??expérience. Un cocktail encourageant pour l??avenir mais qui n??est pas à la hauteur pour le moment ; dommage.

Buika, un mélange culturel subtil pour un jazz espagnol enivrant

Auteur compositeur autodidacte, Concha Buika nous livre dans son premier album en solo Mi niña Lola un savoureux mélange de jazz, de flamenco, et de blues, le tout avec des airs de wassoulou de l'Ouest Africain. Cette jeune femme d??origine Guinéenne, né à Palma de Majorque et élevée auprès de gitans a su combiner avec amour et talent l??ensemble de ses influences, pour créer un nouveau genre fusionnel d??une musique qui lui est propre.

Concha Buika confirme ici tous ses talents. Alors que petite fille déjà elle se faisait remarquer par ses talents musicaux, ce n??est que lors d??un concert à Londres de Pat Metheny que sa vie, jusqu??alors dédiée à l??interprétariat, prend son vrai tournant musical. Commencent dès lors les concerts avec des groupes locaux, puis des groupes américains pour finir par des représentations dans des casinos de Las Vegas et ce petit bijoux qu??est ce premier album.

Sa voix éraillée nous envoûte et nous entraîne dans un voyage entre Afrique, Andalousie, et Etats-Unis. Sa musique invite au rêve. Accompagnée par la guitare piquante et sensuelle de Niño Josele, l??un des guitaristes de flamenco les plus reconnu de sa génération, le mélange des musiques latines et américaines nous plonge dans une musique espagnole moderne et métissée. Chaque instrument apporte une influence différente, et la voix se mue au gré des influences : si le piano rappelle tantôt le jazz cubain, tantôt le tango argentin, la guitare nous lance sur les traces des gitans et de leur fier flamenco, et les percussions nous plongent au c?ur de l??amérique latine, où salsa et jazz cubain se disputent la première place, avant que la contrebasse, la batterie et la trompette nous emmènent dans les clubs de jazz new yorkais. Un voyage musical pour un bouquet réussit d??influences diverses, avec pour seul repère la voix constante et rapeuse de Buika, entre chant flamenco et héritage africain, que les c?urs viennent nous rappeler au fil des notes. Un album qui s??écoute tranquillement installé à l??ombre d??un palmier ou dans un fauteuil confortable, en dégustant un bon verre de vin. A consommer sans modération et avec délectation.

> mardi 10 juillet 2007

mélancolie dans le train

Heureux sont les voyageurs improvisés. Une journée de relâche, de retranchement loin de la capitale. Une sensation de pureté et de paix qui vous allège de quelques grammes de stress et de monotomnie. Mais la fin du voyage se profile déjà, et la mélancolie qu'elle amène avec elle. Car ces voyages en train nous donnent à voir ce que nous n'avons pas l'occasion, la chance de pouvoir cotoyer au jour le jour : le vert, le vent, les rivières, la nature, toutes ces simplicités dont le citadin s'est plus ou moins naturellement détâché, et qu'il a sacrifié sans même s'en rendre compte et donc sans s'en lamenter. Triste aveugelement que celui dans lequel se conforte le citadin.

Vu du tgv, une striée de nuages légers semble nous suivre, où plutôt devrais-je dire que le train semble les pourchasser, comme pour ne pas laisser s'évader les derniers témoins de ma journée d'escapade. On se croirait dans un vieux décor de théâtre où les différents éléments étaient simplement glissés, alors que d'autres restaient en place. Comme si nous n'étions, nous aussi, que des éléments de cette vaste scène, simples jouets de notre propre vie.

Les voyages en train sont pour moi source de désespoir et d'ennui, ou au contraire, de rêverie, de vagabondage quasi métaphorique, tel un moment de réflexion hors du temps, en apesanteur, où l'on flotte entre deux destinations; un rêve éveillé.

Quand mon appartement donnait sur les voies ferrées de la gare, je me sentais à la fois à la fois très rongée et très libre. Libre car tout me semblait possible. En quelques pas, je pouvais m'évader où je voulais. Un réseau de possiblités m'était offert, presque à portée de main. Mais rongée aussi car la raison vient toujours censurer ces projets à peine rêvés, nous rappellant que ni notre portefeuille, ni notre conscience ne l'autoriseraient. J'envie chaque voyageur, ceux que j'ai vu monter dans ces trains, et les autres, tout en ressentant une béatitude : j'ai l'appartement le plus vagabond qu'il me sera jamais donné d'avoir.

Il me restera toujours l'imaginaire. Même cloîtrée entre quatre murs, comme ces prisonniers de l'autre côté des voies (quelle ironie noire), même en plein milieu de ma journée au bureau, il me suffira toujours de fermer les yeux pour voir un joli souvenir, un paysage impalpable mais pourtant si ennivrant, ou tout simplement entendre le ruissellement des eaux vives, ou le va et vient des vagues, le vent faisant danser et chanter les feuilles des grands arbres ou les épis de blé dans les grandes étandues de champs.

Maintenant le train semble poursuivre un avion. Depuis plusieurs minutes déjà, nous sommes à égalité, ex aequo dans notre course vers le quotidien et la grisaille de la capitale. Je ne veux pas que cette journée finisse.

> lundi 9 juillet 2007

l'orage à l'entrepôt

Je travail dans des locaux plutôt hors du commun pour une « rédaction » de journal. Il s??agit d??un ancien local d??entrepôt qui a été réhabilité (tant bien que mal) en bureaux. Il est pour le moment assez vide, et permet ainsi aux sons intérieurs de résonner, et aux sons extérieur de prendre toute leur ampleur.

Je suis actuellement en pleine situation semi-irréelle, où les éléments naturels se déchaîne sous les traits d??un orage, et où l??ambiance semble à mi chemin entre le quotidien et le rêve, comme en apesanteur entre le monde conscient et l??inconscient. En effet, il me prend régulièrement de plonger dans des fantasmagories liées aux éléments naturels qui m??entourent. Et justement aujourd??hui, alors que je suis en pleine noyade dans le morose quotidien, c'est-à-dire au bureau, enracinée devant mon pc à tenter de faire passer les longues minutes désoeuvrées de la semaine, de la journée, de la demi-journée, un orage éclate, assombrissant le quartier, mais illuminant ma triste journée routinière.

D??abord, la lumière semble faire place à l??ombre, puis les vrombissements électriques se répandent à travers le frêle plafond mal isolé, mettant une magnifique énergie ténébreuse au c?ur de ce grand espace vide, comme si les ondes du tonnerre faisaient vibrer les atomes de l??air, le rendant plus léger. Empli de cette nouvelle énergie, l??air me communique sa légèreté, m??offrant l??instant d??un orage, quelques instants de rêverie, d??évasion de cette journée morose. Bien entendu, pour profiter à plein de cette ambiance abyssale, où grêle et tonnerre se disputent la première place, j??ajoute une morceau de la diva madeleine peyroux, afin d??afiner cette sensation d??apesanteur et d??intemporalité si enivrante? Je souhaite que ce moment ne s??arrête jamais?

> lundi 2 juillet 2007

de l'ironie du sort

C'est amusant de voir comme on est souvent le jouet du destin.

Il y a environ deux ans je dirais, mon copain m'a présenté un jeune homme particulier nommé Eric (qui d'ailleurs me maudirait s'il savait qu'il était cité dans un blog, c'est dévidoirs pour adolescents no life! :) ), greco-britannique et j'en passe et des meilleurs, dont l'intelligence n'a d'égal que son orgueil. Bien que j'appréciait ses convictions anti-sociales, et sa fierté de ne pas faire partie de la horde de non pensants moutonneux, je dois avouer qu'il m'a agaçé par sa perpétuelle envie de casser les autres (et c'est moi qui dis ça!), son désir ardent de toujours avoir le dernier mot, et surtout d'étaller sa science (pas toujours correcte). Et le pire dans tout ça, c'est qu'étant donné qu'il est plus intelligent, il est très difficile pour moi de lui rabaisser son caquet, chose que généralement j'arrive assez naturellement à faire. Autant dire que je ne l'adorais pas, mais par contre, je le respectais, et j'avais secrètement envie qu'il en fasse autant, car c'est ce genre de personnes qui vous dégoûtent tout en vous rendant admiratif, que vous vénérez dans la haine (et la jalousie?), et dont vous attendez les faveurs, comme la cour autour du roi. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme lui que j'imagine le grand Oscar Wilde...

Voilà ce que je ressentais à son égard jusqu'à il y a deux mois environ. Puis, nous avons passé plus de temps ensemble, et j'ai appris à supporter ses invectives, et à comprendre son ironie et ses références. J'ai aussi commencé à sentir un plus grand respect pour moi, qui m'a permis de me sentir plus à l'aise, et donc, de plus parler avec lui.

Puis vint la fête de la musique, il y a deux semaines. Alors que tous mes potes étaient à droite ou à gauche, et que je commençais à désespérer de trouver des compagnons (bien que l'idée de sortir seule ne me déprimais pas du tout), mon copain me dit qu'Eric me propose de l'accompagné, lui et une amie. Pas très enjouée, j'accepte par élimination si on veut, et je le rejoins sur la place d'Italie. Bien entendu, son amie a eut trois quarts d'heure de retard, et je me suis retrouvée à devoir le confronter seule. Et là, tel une chrysalide qui devient papillon, ce fût la transformation : le Eric prédateur et destructeur avait laissé sa place au Eric galant et aimable. On m'avait déjà dit qu'il était adorable avec les filles, mais personnellement, j'en ai témoigné que ya deux semaines. En fait, il est adorable quand la fille est toute seule, en tout cas, quand elle est pas entourée de mecs. Bref, la soirée fut bien sympa. Au point que le jour suivant, quand mon patron m'a pris la tête avec ses blagues ambigües et pas drôles, je n'ai pensé qu'à lui pour me remettre d'aplomb (il faut savoir que mon copain était pas là! Je ne veux pas créer moi même une fausse rumeur sur mon compte). J'ai passé le début de soiré en tête à tête avec lui (et une bière bien entendu o:) ), et j'ai encore plus eus l'occasion de bien m'entendre avec lui, y trouvant une oreille attentive et amicale. Bref, j'étais bleuffée.

Le petit détail qui tue, c'est que demain, il part pour l'Australie... Et c'est là que le machiavellisme du destin entre en scène. Alors que depuis deux ans, à chaque fois que je vois Eric, je suis quasiment sûre de me prendre la tête et de me retrouver comme une conne coite et complexée, ce ne sont que les deux dernières semaines où j'ai l'occasion de le voir qu'il me donne à voir son côté clair. Il doit bien se marrer le petit esprit du destin, encore une fois ...

la morale de l'histoire

Il est amusant de voir comme une mauvaise parole est vite diffusée. Vous l'aurez deviné, j'ai médis quant à mon patron... Je n'ai pas eus le courage de continuer à faire comme si de rien n'étais et j'ai donc mis les choses à plat. Après pression de sa part pour que je lui dise ce qui n'allait pas, je lui ai déballé que je pensais qu'il me draguais et que c'était carrement pas net. Il était sur le cul, et choqué en plus (d'autant plus que je lui ai rajouté 20 ans dans l'estimation de son âge... :D ), et m'a expliqué que les propositions qu'il me faisait étaient pour blaguer. Vous imaginez bien que je suis restée assez incrédule pendant un moment : c'est facile de s'échapper en faisant passer ses propos pour des blagues. Mais au bout d'un moment, je me suis rendue compte que je m'étais trompée (ou alors c'est un fin menteur) : il était serein, bien qu'étonné, et m'a argumenté son cas de façon convainquante.

Inutile de dire que je ne savais plus où me mettre, et que je regrette d'en avoir parlé sur mon blog. Il m'a reproché de parler trop rapidement, mais en même temps, je continue à croire que s'il avait vraiment tenté de me séduire, qu'en parler était justement la chose à faire, et je ne me suis pas gênée pour le lui faire savoir.

Bref, toujours est-il qu'il m'a dit un truc tout con, mais qui pourrait vous servir : si un jour on vous sort un très vraiment incroyable et assez déplacé, et qu'on a pas l'air de blaguer, n'hésitez pas à demander "vous êtes sérieux?", et vous aurez sans doute une réponse, chose à laquelle j'ai pas pensé, parce que tout connement, son ton ne m'a pas incité à croire qu'il était en train de plaisanter...

la morales de l'histoire :

les apparences sont vite trompeuses

les clichés nous pourrissent vite l'esprit

il suffit parfois de quelques mots pour se sortir d'une belle merde

quand il y a une incompréhension, mieux vaut en parler, même si c'est très desagréable à dire.

> lundi 25 juin 2007

Quand votre maître de stage devient collant...

Alors qu'il y a quelques semaines, au terme de ma première semaine de stage, je me plaignais des vantardises de mon patron (ou maître de stage), j'ai appris à mieux le connaître, et bien que je n'avale pas toutes les prouesses qu'il affirme avoir accomplies, je dois avouer que je commence à modérer mon jugement premier à son égard. C'est un homme qui a du vécu et la tête sur les épaules, mais la confiance qu'il octroie parfois à certaines personnes à la va vite vient contredire ces premiers attributs. Personne n'est parfait, il faut se dire que la culture africaine a sans doute quelque chose à voir avec cette attitude. Bref, pourquoi est-ce que je vous parle de ça?

La raison est bien simple, et je pense que certains parmi vous l'auront déjà deviné : il s'avère que je fais partie de ces personnes que sa confiance ont honnorées de façon légèrement précipitée. Alors que je viens de finir ma troisième semaine de stage, je me vois de plus en plus approchée par lui. En plus de sentir qu'il tente de m'appâter à coup de promesses de postes très haut placés (chef de rubrique et rédacteur en chef), j'ai l'impression que cette préférence envers moi n'est pas purement professionnelle... Eh oui, il a fallut que je sois la pauvre conne dont le patron s'amourache, et à qui il commence à lancer de suspectes proposition.

Pas plus tard que la semaine dernière, je suis partie en reportage pendant deux jours dans le jura. Il m'a annoncé que si le travail final était satisfaisant, il me payerait un resto réunionnais, ce que j'ai trouvé cool, mais pas excéssif compte tenu du fait que je ne touche abosulument rien pendant mon stage, et que jusqu'ici, j'ai pondu 8 bons articles, pour une parution qui compte une vingtaine de pages, ce qui représente un bon pourcentage... Bref, sur le moment, je ne me suis pas doutée des problèmes en ébauche qui se présentaient à moi, du moins, si je l'ai remarqué, ce n'était pas consciemment. Puis, cette semaine, il me demande jeudi il me paye le chinois (à côté du bureau) sans raison apparente, mais pourquoi pas. Puis le soir venu, il me demande si je vais aller à la fête de la musique. N'étant pas convaincue, et n'ayant pas vraiment envie de lui répondre, je reste allusive, ne répondant pas vraiment, disant que je ne savais pas vraiment, mais qu'il était probable que je reste chez moi. Il me dit que si je sors, que je n'hésite pas à le contacter pour qu'on se retrouve, et qu'on pourrait manger sur les bateaux mouche. Je vous passe les détails, car il est très volubile, mais je commence à m'alarmer.

Et cerise sur le gâteau, vendredi soir, alors que je lutte pour me concentrer sur le livre que je dois critiquer pour le journal (le troisième que je lis de la semaine...), il remarque que je suis fatiguée environ un quart d'heure avant la fin de la journée. Il faut savoir que le mardi soir, j'ai accepté de dépaner mon ancien boss (devenu presque un pote maintenant) qui tient une pizzeria après ma journée au bureau, que le mercredi soir, un ami est passé à la maison et s'est éternisé, et que jeudi, j'ai tenu à aller faire un tour pour la fête de la musique, et que les amis que j'ai accompagnés se sont aussi quelque peu éternisés, sans compter un retour rocambolesque à cause du réseau perturbé des transports... Bref, autant le dire, j'étais naze, et donc, je commençais à perdre patiente, je n'attendais qu'une chose, que 18h vienne et que je puisse prendre un week end bien mérite. Puis arrive donc le patron qui me dit que je peux m'arrêter là pour aujourd'hui. Aux anges, j'emballe mes affaires et me fais déjà à l'idée que dans cinq minutes, j'espère être partie. Mais il me propose d'entrer dans son bureau pour discuter, ce qui n'est pas exeptionnel. Mais la conversation a pris un tournant qui était assez déplacé, et qui m'a pas mal agacée étant donnée l'aspiration que j'avais de rentrer chez moi, et la semaine que j'étais en train d'achever. Alors que je finis par lui avouer que je me vois pas accepter un poste de rédacteur en chef, puisque je suis loin d'avoir fini mes études, et que je compte m'y investir avant de prendre ce genre de poste, qui de plus est hors de ma portée (au niveau qualifications), il commence à tenter de me dissuader, et me pousse à argumenter ma pensée. Puis il dit qu'il va passer le lendemain, SAMEDI, faire une visite de courtoisie, et qu'on pourra en reparler. AAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHH! Non, il est hors de question de le laisser s'imposer comme ça, et de laisser envahir une vie privée que je tente par dessus tout de protéger. Alors je porte mes couilles, et je lui dit qu'il est hors de question qu'il passe. Il me demande, fidèle à lui-même, pouquoi, et je lui réponds évidemment que c'est déplacé, et que je n'ai aucune envie de penser au travail ou à lui pendant mon week end. Il tente de me faire changer d'avis, en vain, et je prends soin de lui faire comprendre que l'éventualité qu'il passe chez moi me parraît intrusive. En fin de compte, je parviens à m'extirper de cette situation vraiment étouffante, et commence à me diriger vers la sortie. Il me dit qu'il va m'appeller dans la soirée pour qu'on en reparle, et je lui dis que je ne veux pas qu'il m'appelle, que je suis en week end, et qu'il faut donc m'oublier. Il insiste, et me demande si ça me gêne tout ça. Je réponds que oui, et j'insiste sur le fait que s'il appelle, je ne décrocherais pas. Il accepte ma décision, et me laisse enfin partir. Inutile de vous dire que dès que j'ai passé le coin du parking, j'ai courrut pour soulager la colère qui me rongeais et que j'ai marché jusqu'à l'arrêt suivant, au cas où il chercherait à me rattraper.

Plus tard dans la soirée, alors que je suis à la belette pour prendr un verre avec un pote, et que je tente de me changer les idées, voilà que mon téléphone sonne, et que c'est lui. Après la deuxième tentative (qui a suivi de 30 secondes la première), il a abandonné, et m'a fouttu la paix.

Je vais donc demain avoir une journée de merde, et je pense que la fin de mon stage risque de m'en apprendre autant en journalisme qu'en relations humaines, et en gestion de situations difficiles et délicates. J'espère que je me trompe, et qu'il va reprendre son comportement normal. Comme on dit, demain est un autre jour... espérons...

> jeudi 7 juin 2007

le ridicule d'un orgueil immérité

Ah qu'il est blasant le temps du stage. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai bel et bien l'impression que la vie est à la fois un mystère de chaque jour, et une répétition inlassable de schémas précis. En été 2004, j'effectuais mon premier stage, en tant que commis de salle, dans la brasserie qui m'aura donné la vision la plus noire de la vie qu'il m'est été donné de voir jusqu'ici, et aujourd'hui, bien que le stage que je commence cette semaine est dans ma branche, que je suis la stagiaire la plus active et à laquelle on donne le plus de responsablités, donc d'expériences, je me retrouve, au bout de seulement quatre jours, déjà lassée. Bien entendu, j'ai très envie de continuer à découvrir de nouvelles façette du métier, et les défis ne manquent pas de me plaire, mais il y a tellement d'autres choses qui me rapellent chaque jour que quoique l'on fasse et où que l'on soit, les conneries de la vie, et sa monotomnie ne sont jamais tout à fait abssents.

Alors, je sais, je suis particulièrement critique, mais franchement, je pense que si l'on regarde la vie avec un tant soit peu de recul, on voit vite les choses qui nous ramènent au banal, au trivial, à l'ennuyeux. Premier élément : la routine. Mon dieu la routine. Tous les matins, le verre de jus de fruit après avoir donné à manger au chat, puis survol de l'actualité (car un journaliste doit être au courant de ce qui se passe dans le monde, même si la rédaction à laquelle il contribue ne traite absolument pas d'actualité...) puis se préparer, préparer le sac, le casse-croûte. Les transports en commun, toujours aussi réjoissant, surtout quand on prend une heure en bus pour faire un trajet de quinze minutes en voiture... Puis, on arrive au boulot, on dit bonjour à tout le monde sans grande conviction (voir à contre coeur parfois), sa tâper le sermont du patron et les civilités avec les collègues, attendre qu'heure après heure, le temps passe pour reprendre ce fucking bus (qui selon le moment de la journée est tantôt une corvée, tantôt une délectation ;) ) et finalement rentrer chez soi pour préparer la journée qui suit, préparer à bouffer et faire deux trois courses, mater un film et finir mort. L'assommant portrait de ma journée ne fait que souligner ma thèse : chaque jour la même merde, chaque jour très peu de temps pour soi, pour vraiment se détendre et se vider la tête. Le week end devient la chose la plus chère qui soit. Pas question de faire quelque chose, au contraire, le moins on en fait, le mieux on se porte.

Voilà à quoi me réduit ce boulot, à une machine à bosser et une boule de stress et de désabus. Mais pourquoi l'orgueuil dans tout ça? J'y viens.

Mon patron, un black très gentil, mais surtout très bavard (pire que maman, qui l'eut cru ;) ) me raconte chaque jour un épisode de sa vie (au point que je me demande si je ne devrais pas mettre à profit toutes ses heures passées à l'écouter pour écrire sa biographie) et étale son expérience, ce qui à première vue ne me dérange pas, puisque son expérience peut me profiter. Mais quand ça commence à devenir redondant, c'est très très vite lourd, et c'est là qu'on commence à se poser des questions : il cherche à me convaincre ou à se convaincre qu'il est très fort, et que son magazine tient debout, et je dirais même, est un véritable succès et un modèle à suivre!? Aujourd'hui, j'ai vraiment eu envie de lui dire d'arrêter de me bourrer le mous, que j'en ai rien à foutre de son magazine, que je suis là pour mon expérience professionnelle et pas pour son salut (en bonne libérale que je suis), et qu'il a pas besoins de faire une pub interne de son magazine. Certes le magazine tient bon, certes, c'est relativement sérieux, mais pour moi, un magazine dont on ne voit jamais les salariés, qui s'appuie presque à 100% sur pigistes et stagiaires, et qu'il n'y a pas d'autre hierarchie que le directeur de publication, la secrétaire et les stagiaire (du moins, dans les locaux où je me rend tous les jours) je me dis qu'il y a quand même des entreprises mieux portantes et surtout plus sérieux que le nôtre. Pendant que certains journaux s'évertuent à donner des directives claires à leur rédaction, leur indiquant ce qu'ils veulent et sous quelle forme (il y a de nombreuses formes d'articles qui ont chacune leur mission et leur spécialités), nous nous contentons de traiter les communiqués de presse qu'on nous envois, de jouer sur nos contacts (certes nombreux et sérieux) et de chercher au gré du vent un sujet à traiter, toujours sur un ton relativement amateuriste et monocorde. Un éditorial qui reprend les grands points du sommaire et remercie les lecteurs de leur fidélité est pour moi une farce, surtout quand on m'a apprit que l'éditorial est supposé reprendre un des grands sujets traités dans le numéro et mener une réfléxion logique dessus selon le point de vue de la rédaction et du journal. De plus, il ne cesse de répéter à tout va que son magazine est impartial, qu'il ne favorise pas la culture africaine, mais bizarrement, les plus grands articles traitent de l'art et de la société africaine, ou des émigrés africains. Et cerise sur la gâteau : pour quatre stagiaires, il n'y a que trois bureaux dont deux très biens (ordi connecté au net, joli espace de travail, lumière) et un minable (exigus, sur tréteaux, pas connecté au net et dans le noir), et le reste d'un espace sympathique complètement vide.

J'ai donc l'impression qu'il y un amas de ridicule autour de moi, et sans doute autour de beaucoup de gens, qui s'évertue à amener des situations plus incroyables les unes que les autres. Entre ce stage qui accueil plus de stagiaires qu'il peut techniquement le faire, et les examens où les gens téléphones, font des blagues, chantent et applaudissent les plus grandes débilités scandées, je ne peux pas que la convention a la main mise sur ma vie. Enfin, je me réconforte en me disant que je ne vais galérer que pour deux mois, que je vais en sortir beaucoup plus expérimentée et bien plus mature (à force de devoir téléphoner au gens, passer à la radio, interviewer des personnes, on apprend à s'affirmer et à moins redouter les situation un peu relou du quotidien), donc, je ne vais pas y perdre.

J'achève ici cette complainte de blasée et de minable stagiaire exploitée pour m'en retournée à ma bière (et vous souhaite d'en faire autant).

> jeudi 17 mai 2007

Analyse de mon travail


Commando intox
Vidéo envoyée par DHorset
Film d'animation 2006 : fait en image par image avec photoshop et Imovie. Projet pédagogique Photoshop, Université Paris 13. Travail de typographie, Création d'un tampon avec les initiales N et G. Prépa Arts plastiques 2004. Encre de chine sur papier.

> mardi 8 mai 2007

l'art de la récup'

Pour les personnes qui vivent dans des agglomérations suffisemment importantes, vous saurez que le jour de passage des "encombrants" est un jour où l'on a l'occasion de récupérer toutes sortes d'objets insolites et/ou utiles. Evidemment, c'est le soir précédant le passage du camion des encombrants qu'il faut partir à cette chasse au trésor du 21ème siècle. Amusant de constater que même à l'ère de l'Internet, des nouvelles technologies, de l'instantanéité des transactions et des mondes virtuels, on en est encore réduits à partir à l'affut d'objets usés, rejettés dans la rue après une longue vie de bons et loyaux services. Biffins non marchants, pauvres infortunés ou urluberlus en quête d'insolite, chacun part à la recherche du petit objet qui va illuminer sa soirée et va venir garnir la déco de l'appart ou du balcon, ou le caddie où l'on rassemble l'ensemble de ses possessions, selon les cas. A mi-chemin entre le vide grenier et le Moyen-âge, cette pratique de la récup' urbaine me fascine. Si l'on prend le temps d'y réfléchir, on peut se dire que c'est une des pratiques qui rassemblent autour d'elles des personnes de toutes les catégories sociales, du SDF à la riche héritière. Motivés par différents besoins, ils partent en quête d'objets gratuits, cédant à une atteinte aux normes de bienséances traditionnelles, au risque d'une humiliation que seuls les citadins peuvent se permettre, ou presque, d'assumer. Il y a en effet deux raisons pour lesquelles on ne voit jamais ce genre de scènes dans les petites villes de province : d'une, les "encombrants" sont beaucoup plus rares car les gens s'en débarassent dans les décheteries. De deux, étant donné le fait que tous se connaissent plus ou moins les uns les autres directement ou indirectement, il serait plus compromettant de se faire voir en train de récupérer les "déchets" des autres.

Voilà donc une activité urbaine qui me plait, une fois n'est pas coutume. Il s'avère que nous nous sommes adonnés avec mon coapain à cette activité clandestine il y a quelques soirs. Je remarque que je suis toujours attirée par des objets imposants tirés du logis, et que je les imagines toujours réincarnés totalement en dehors de leur fonction prescrite première. J'ai ainsi déniché une échelle de lit supperposé de fortune, à laquelle il manque une "marche", et un pan de fenêtre en chêne, encore munie de ses carreaux. Je ne sais pas encore où ces objets vont finir, mais je pense me servir de l'échelle sur ma terrasse (peut être y faire grimper une plante?) et accrocher la fenêtre à l'horizontal dans mon salon, et peut être en faire une série de cadres ou d'ardoises. C'est un vrai plaisir que d'aller dénicher des objets gratuits, de leur faire un brin de toilette et de leur redonner une deuxième vie complètement différente de la première, inserant ainsi une touche d'originalité bon marché à son appart'.

Rendez-vous pour le prochain passage des "encombrants" dans votre quartier.:D

> lundi 7 mai 2007

quand matmatah se conformise...

Nous nous sommes rendus mercredi soir au concert de Matmatah à la Cigale, salle de concert bien sympathique de la capitale, et je dois avouer que mon mauvais présentiment n'a pas manqué de s'avéré fondé. Je craignais de ne pas vraiment me marrer, étant donné qu'au fur et à mesure des albums, leur musique est entré dans le moule des grandes maisons de productions et a perdu la touche celtique qui en faisait une bonne part de l'originalité. Certes les textes sont toujours engagés et provocateurs, mais cette audace résistante se fait tout de même plus rare, et sans la fougue des airs breizhous et l'énergie des rythmes rock'n'roll, perd de son piquant. Bref, on regrette les jeunes du départ, simples mais efficaces. Bien que le chanteur garde un look breton avec ses cheveux longs lâchés, la ouache de la jeunesse, c'était il y a dix ans, et ce n'est plus ce qu'on trouve sur scène, malgré un public nostalgique.

Quand ils ont entamé "la ouache", le public déjà bien motivé compte tenu de la situation, est parti en folie, m'offrant une ambiance encore plus entrainante que celle que j'avais tant appréciée pendant le concert de Louise Attaque à Solidays. Une sorte de mouvement de foule mi-ola mi-pogo qui ne manquait pas d'allégresse s'est immédiatement déclanché aux premières notes de la chanson. Mais le morceau suivant n'était pas à la hauteur, et s'est malheureusement éternisé avec un solo de guitar à la Jimi Hendrix (interminable donc) qui nous a vraiment tous ramolis. Ajoutez-y la partie centrale du concert en accoustique, et vous aurez une bonne recette pour décevoir un publique prêt à bouger et à s'éclater. Dommage; c'est dans l'ordre des choses que les gens évoluent avec leur âge je suppose.

vortex